Du nombre de lignes dans un portefeuille

La question du nombre optimal de lignes dans un portefeuille boursier est au cœur de la gestion d’actifs. Elle touche à des notions fondamentales comme la diversification, le risque, et la performance. L’objectif principal de la diversification est de réduire le risque spécifique, lié à une entreprise ou à un secteur particulier, en s’exposant à plusieurs actifs. Toutefois, une diversification excessive peut entraîner une dilution de la performance, rendant essentielle une réflexion approfondie et documentée sur ce sujet.

La diversification : bénéfices et limites

Selon Harry Markowitz, la diversification est un outil clé pour réduire le risque total d’un portefeuille. Cependant, des études académiques montrent qu’après un certain seuil, généralement autour de 20 à 30 lignes, l’apport marginal en termes de réduction du risque devient négligeable. En effet, si le risque spécifique peut être atténué par une diversification adéquate, le risque systématique, lié aux mouvements globaux du marché, reste inévitable. Ainsi, même un portefeuille de 100 lignes ne sera pas à l’abri d’une correction globale des marchés.

Une diversification excessive : un paradoxe

Trop diversifier son portefeuille entraîne une gestion inefficace. Une étude menée par Burton Malkiel en 1973 a montré que le rendement ajusté au risque des portefeuilles bien diversifiés (20 à 25 lignes) est optimal. Dépasser ce seuil complique le suivi des actifs et augmente les coûts de gestion, tout en diluant les convictions fortes. À l’opposé, des portefeuilles concentrés (5 à 10 lignes) permettent de maximiser les rendements pour les investisseurs expérimentés, mais augmentent considérablement la volatilité et l’exposition au risque spécifique.

Perspectives historiques et modernes de la diversification

La diversification a évolué avec le temps. Dans les années 2000, elle se limitait souvent à une répartition sectorielle (industrie, énergie, finance). Aujourd’hui, la diversification intègre des dimensions géographiques et thématiques, telles que les actions ESG ou les small caps. Les ETF ont également révolutionné cette dynamique en offrant une exposition instantanée à des centaines, voire des milliers d’actifs.

Diversification géographique et sectorielle

Se limiter à un seul marché, comme le CAC 40, expose un portefeuille aux risques locaux. Une diversification internationale, incluant des indices comme le S&P 500 ou le MSCI World, permet d’atténuer ces risques. Cependant, elle introduit de nouveaux défis, notamment le risque de change. Les portefeuilles concentrés sur certains secteurs ou zones géographiques bénéficient d’un potentiel de surperformance, mais restent vulnérables aux crises spécifiques.

L’impact des ETF sur la gestion de portefeuille

Les ETF simplifient la diversification en permettant une exposition instantanée à un grand nombre d’entreprises. Par exemple, un ETF S&P 500 offre une couverture sur 500 sociétés. Cela réduit le besoin de détenir de nombreuses lignes individuelles. Toutefois, cette approche augmente la corrélation avec le marché global et peut limiter les opportunités de surperformance.

Taille du capital et nombre de lignes

Le capital investi joue un rôle crucial dans la définition du nombre de lignes. Un portefeuille de 5 000 € peut fonctionner efficacement avec 5 à 10 lignes pour limiter les frais et éviter une diversification inutile. En revanche, un portefeuille de 500 000 € justifie une diversification plus large, souvent entre 20 et 30 lignes, pour répartir les risques de manière optimale. Une gestion plus complexe, avec plus de 50 lignes, est généralement justifiée uniquement dans des portefeuilles institutionnels ou via des instruments passifs comme les ETF.

Et vous, combien de lignes détenez vous?

Sources :

Markowitz, H. (1952). « Portfolio Selection. Â» The Journal of Finance
Malkiel, B. G. (1973). "A Random Walk Down Wall Street
Statman, M. (1987). « How Many Stocks Make a Diversified Portfolio? Â» Journal of Financial and Quantitative Analysis
Bogle, J. C. (2003). « Common Sense on Mutual Funds: New Imperatives for the Intelligent Investor. Â»
Morningstar Research (2020). "Diversification: Benefits and Limits
Vanguard Group (2021). "Building a Globally Diversified Portfolio
Fama, E. F., & French, K. R. (1992). « The Cross-Section of Expected Stock Returns. Â» The Journal of Finance

1 « J'aime »

:rage: j’arrive … :rage:

Ah ah, je n’en doute pas :wink:

Il y a une chose que je n’ai pas indiqué, et j’aurai du commencer par là, c’est que le nombre de lignes dépendra bcp, à mon sens, de la manière dont on investit son argent.

Si l’on est très long terme et que l’on entre sur des sociétés très solides, alors je pense que l’on peut élargir le nombre de ses lignes.

En revanche, si l’on est plutot moyen, voire court termiste, suivre les titres est plus chronophage et suppose d’en avoir moins.

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Juste pour dire que ça vient, mais c’est plus long de bien te répondre et là je cours après le temps, mais ça vient promis.